Biographie de Fernand Belmonte (1897-1981)
1931
La pêche miraculeuse, peinture à fresque dans
le chœur de l'église de Mers-el-Kebir (70 m2).

1934
Le jugement dernier, céramique dans la nef à ciel ouvert de la basilique souterraine de Santa Cruz
à Oran.

1939
Fernand Belmonte, père de 5 enfants ne participe pas à la seconde guerre mondiale.

1944
Les quatres mystères de la Sainte Vierge : l'annonciation, la visitation. l'Assomption, le Couronnement, peinture à fresque de 32m2 dans
la Chapelle de la protection de la jeune fille à Oran.

1945
Le Christ rédempteur entouré de nombreux saints glorifie Sainte Geneviève, patronne de la paroisse, peinture à fresque de 15 m2 à l'église de Fleurus.

1948
II rentre en France avec sa famille. Il poursuit
sa création picturale parallèlement à un poste de professeur de dessin au collège Pierre Puget à Marseille dont il orne l'entrée d'un medaillon. En France, Belmonte continue à refuser d'exposer dans les galeries, de s'intégrer aux circuits commerciaux. Il cherche peu à valoriser son travail. C'est pourquoi son œuvre reste négligée et peu connue jusqu'à aujourd'hui.

1950
Apollon domptant Pégase, peint à fresque à
la Maison des étudiants de Marseille.

1955
II part enseigner à Paris au Lycée Jacques Decour. «Dans un grand et classique équilibre,
il saisira la vibration subtile des quais, des jardins
des rues de Paris en hiver et des automnes». (2)

1960
II est muté à Nice au Lycée Impérial «L'intérieur
du pays nicois, les plages, les marches, la foule pittoresque, rien n'échappe à cet œil qui connait
Ie langage de la couleur pure». (3)

II est reconnu comme Ie maître de la peinture et
de la sculpture d'Afrique lors de la grande exposition de mars 1960 à Nice, au salon des artistes d'Afrique du Nord et d'outre-mer.

1897
« L'Algérie francaise a soixante sept ans. En juin de cette année à Fleurus, oasis de paix, Fernand Belmonte nait. Il est Ie troisième de la famille. Trois fils pour étendre les racines de ces pionniers alsaciens, trois fils pour la vigne, le blé et l'art ». (1)

1914-1918
A 17 ans, Belmonte s'engage comme volontaire. En 1918, il est laissé pour mort au fond d'une tranchée, puis découvert par des soldats qui le remettent à la Croix Rouge. C'est durant la guerre qu'il réalise ses premiers croquis et peintures.

1924
II est élève à l'école des Beaux-Arts de Paris. C'est l'époque de l'engagement politique et artistique des artistes dada et suréalistes mais également d'un retour à l'ordre caractérisé par un regain figuratif touchant certains artistes comme Matisse, Picasso, Braque, Gris ou De la Fresnaye, et d'autres moins connus comme Belmonte.

En effet, – face à l'éternel débat entre la modernité et Ie classicisme, Belmonte choisit ce nouveau classicisme qui n'oublie pas les acquis du fauvisme.

A l'école des Beaux-Arts, il rencontre Odette Ayme, élève dans la même Académie. Ils se marient, mariage d'art et d'amour. Les deux artistes donneront naissance à cinq enfants.

«Je quittais l'école des Beaux-Arts pour me marier, départ consécutif à un décret ministériel qui supprimait le Prix de Rome aux artistes mariés,
alors que j'avais deja été recu à "l'esquisse"».

1925
II retourne vivre en Algérie avec sa femme et leur première fille Odette, il est professeur de dessin à l'école des Beaux-Arts d'Oran de 1925 à 1944.
Il sculpte, modèle, dessine et peint de nombreux tableaux de chevalet suivant la voie de cette figuration interprétée et modernisée toujours dans
un chromatisme d'une extrême vitalité.

1930
Les grands travaux de décorations réalisés pour le centenaire de l'Algérie le révèle grand peintre, sculpteur et décorateur. A cette occasion,
il exécute :
- Athéna, mosaïque de 250m2 au Palais
  des Beaux-Arts d'Oran.
- Mater Africa, mosaïque de 280m2 à la maison du
  Colon d'Oran et deux bas reliefs Bacchus
  et Cérès.

1962
II travaille au projet du monument «Gyptis et Protis», concours lancé par la ville de Marseille
qui ne sera jamais réalisé.

1965 a 1976
Il habite a Marseille. C'est à cette époque qu'il rencontre Paul Henry, curé doyen de l'église Saint Jean-Baptiste de Solliès-Pont (83). Les deux hommes se lient d'une franche amitié. Ils vont établir ensemble un projet décoratif et didactique pour l'église de Saint Jean-Baptiste. Le père Henry en choisit les sujets et laisse libre l'artiste de leur composition. Cinq peintures murales sont réalisées "a fresco", méthode giottesque déjà connue et utilisée à plusieurs reprises au cours de sa vie par le peintre.

La tempête apaisée, peinte dans la sacristie est
la première œuvre réalisée (10m2). Au delà de la simple représentation d'un moment de l'histoire biblique, cette composition est un prétexte à l'élaboration de magnifiques portraits du père Henry.

Les trois compositions suivantes peintes sur les murs des collatéraux vivent en harmonie, toutes trois unies par leur iconographie. En effet. les sujets tirés d'évènements de l'histoire contemporaine représentent trois voyages du Pape Paul VI, et sont autant de messages de Paix adresses aux fideles.
-  Le baiser du Pape Paul VI au patriarche  
  Athénagoras ,42 m2, 1967.
-  L'apparition de noire Dame de Fatima aux petits
  bergers portugais, 43 m2, 1969.
-  Paul VI au milieu des pauvres lors du congrés
  eucharistique international de Bombay, 43 m2.

A 72 ans, Belmonte entreprend l'ultime fresque dans le choeur de l'église : Le christ revenant à la fin des temps suivant l'apocalypse de Saint Jean (145m2)

L'esthétique de l'ensemble des œuvres de Solliès-Pont fait de plus en plus référence à l'art des classiques. Par la technique de la fresque, Belmonte a atteint l'une des formes les plus nobles qui soient de l'art décoratif.

1981
Lorsque la mort le surprend à 84 ans, l'artiste consacre sa vie à une peinture d'inspiration mythologique.


Cécile Flosi, 1997
1, 2 et 3 : biographie de F. Belmonte réalisée par Marie-France Bastien en 1981.